Blé made in Burkina : les premiers producteurs se réjouissent déjà de l’expérience
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Afin d’atteindre l’autosuffisance en farine de blé pour répondre à la demande de plus en plus croissante des consommateurs, le Burkina Faso s’est engagé dans la production à grande échelle du blé. Dans les régions du Centre-Ouest et des Hauts-Bassins, certains producteurs n’ont pas attendu bien longtemps pour se mettre à l’ouvrage.
C’est une première dans la ferme aménagée de Savili située à 7 km de Nabadogo. Selon les normes, « le blé est produit à partir du mois de septembre jusqu’en décembre », explique Aboubacar Bruno Kara, agent technique d’agriculture spécialisé IAT de Nabadogo. Pour cette première, c’est à partir du 26 décembre 2023 que les paysans de la coopérative Delwendé ont commencé les semis jusqu’en début janvier 2024. Sur 4 hectares emblavés, c’est tout satisfaits que les paysans ont récolté 10 tonnes de blé.
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Champs de blé de coopérative Delwendé dans la ferme de Savili
En attendant un accompagnement structuré (semences, matériels agricoles, aménagements des terres etc.) de l’Etat, les semences certifiées pour cette première expérience ont été acquis grâce à un groupe de semenciers. C’est d’ailleurs ce même groupe qui fera l’achat du blé récolté. Ce qui facilite donc l’écoulement de cette spéculation qui fait la fierté des 168 membres de la coopérative Delwendé pour qui cette nouvelle expérience est prometteuse.
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Sylvie Kassongo, promotrice de la ferme Bénéwendé en pleine récolte
Tout comme la coopérative Delwendé, Sylvie Kassongo, promotrice de la ferme Bénéwendé à Diarradougou dans la région des Hauts-Bassins, a commencé la culture du blé en décembre 2023. « J’ai suivi une formation ici au Burkina et au Canada avant de commencer parce que notre gouvernement a la volonté d’accompagner cette production. Nous n’aurons plus besoins d’importer de la farine de blé si nous réussissons ce pari », explique dame Kassongo. Elle ajoute que le couscous et les pâtes alimentaires seront désormais produit au pays des Hommes intègres. « Prochainement, vous allez manger le pain avant de partir de chez nous parce que c’est du concret », foi de Mme Kassongo. Pour sa première expérience, Sylvie Kassongo et son équipe ont emblavé 1 hectare de terre et espère récolter 3 voire 4 tonnes de blé.
L’ensemble des producteurs de blé rencontrés indiquent que cette spéculation est facile à cultiver. La seule difficulté selon Mme Kassongo, c’est la non maitrise des pesticides adaptés à l’élimination des herbes. « Si je trouve ce produit, je pourrai même demander 60 hectares à l’Etat pour produire », affirme Sylvie Kassongo.
Bientôt les Burkinabè consommeront donc du pain fabriqué à base de farine de blé « made in Burkina ».