Lutte contre la malnutrition : la consommation des aliments enrichis en micronutriments comme solution palliative, selon la Ligue des consommateurs du Burkina

La consommation des aliments enrichis en micronutriments demeure à ce jour, la solution palliative à la malnutrition, selon la Ligue des Consommateurs du Burkina (LCB). Convaincue que la résolution du problème de la malnutrition passe par une approche multisectorielle, la LCB a pris son bâton de pèlerin pour la sensibilisation sur les bonnes pratiques nutritionnelles. Elle a organisé à cet effet, un atelier d’échanges et de plaidoyer avec les parties prenantes du 23 au 25 avril 2024 à Gaoua sur la consommation des produits fortifiés en micronutriments et des suppléments nutritifs dans le cadre du Projet d’amélioration de l’Alimentation, de la nutrition et de l’Hygiène en milieu familial (PAH/GIZ).  

La lutte contre la malnutrition par carence en micronutriments est une condition préalable à toute perspective de développement national rapide et approprié. Ainsi, depuis le dialogue d’Accra en 2002, de nombreux efforts ont été consentis par le Burkina Faso afin de pallier cette situation. Malgré ces efforts et selon l’Analyse IPC de la malnutrition aiguë (août 2022 – juillet 2023) publiée le 17 janvier 2023, il est estimé à « près de 400.000 enfants âgés de 6 à 59 mois souffriront de la malnutrition aiguë au niveau national entre août 2022 et juillet 2023. Le nombre de cas de malnutrition aiguë sévère (MAS) attendu s’élève à plus de 95.500. Quant aux femmes enceintes et allaitantes, l’estimation s’élève à presque 80.000 femmes qui souffriront de malnutrition aiguë ». Une telle situation ne saurait laisser indifférente la LCB qui entend y apporter sa contribution, car étant en parfaite concordance avec les droits fondamentaux des consommateurs, celui de disposer de produits de bonne qualité nutritionnelle.

Membre de l’Alliance nationale pour la fortification (ANF), la LCB selon son président, Dasmané Traoré, reste convaincue que la résolution de ce problème passe par une approche multisectorielle.

Et ce n’est pas Clarisse Pouya du service communication-plaidoyer/GIZ qui dira le contraire.  Selon elle, l’enrichissement des aliments présente le double avantage de permettre d’apporter des éléments nutritifs à de vastes segments de population sans nécessiter de changements radicaux des modes de consommation alimentaire. C’est d’ailleurs dans ce sens que la coopération Allemande met en œuvre ce projet dans la région du Sud-ouest grâce à l’appui de la Fondation Bill et Mélinda Gate.

Les avantages des produits fortifiés ; l’examen des politiques actuelles en matière de fortification alimentaire et l’identification des lacunes ou des opportunités d’amélioration ; l’état des lieux de la disponibilité, du contrôle d’aliments enrichis dans la région du Sud-Ouest ; la présentation des données épidémiologiques sur les carences en micronutriments dans la région du Sud-Ouest ; la problématique du contrôle des aliments au Burkina cas des aliments fortifiés dans la région du Sud-Ouest ; l’identification du logo enrichi etc., sont entre autres sujets qui ont fait l’objet de communication à l’endroit de la soixantaine de participants à cet atelier.

Des travaux de groupes, il ressort que l’ignorance des consommateurs et producteurs des produits fortifiés, la précarité, l’indisponibilité et l’accès difficile aux intrants de fortification, la faible implication des autorités administratives, coutumières et religieuses et la porosité des frontières sont les principales causes de la mauvaise situation nutritionnelle dans la région.

En plus de la principale recommandation qui est de mettre en place une cellule de veille et d’alerte sur les produits enrichis dans la région du Sud-ouest, trois activités majeures ont été retenues par les participants afin de maintenir le cap. Il s’agit d’organiser des émissions interactives en langue nationale (dagara, lobiri, birifor, dioula et moré) sur la fortification dans la région ; d’organiser des sorties de sensibilisation sur la fortification avec des crieurs publics dans les marchés ; de réaliser des microprogrammes et des spots en langue parlées dans la région sur l’importance et les avantages de la consommation des produits enrichis en micronutriments dans la région du Sud-ouest et l’organisation d’un cross populaire avec tous les acteurs en lien avec la fortification.

Le président Dasmané Traoré remettant le lot de matériel informatique et bureautique à la section LCB du Poni

La LCB a profité de l’occasion pour remettre une partie du matériel informatique et bureautique qu’elle a reçu le 11 mars 2024, de l’Ambassade de la République Fédérale d’Allemagne au Burkina Faso, à travers la société allemande pour la coopération internationale (GIZ).

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