L’obésité : ce double fardeau de la malnutrition !

Au Burkina Faso, la prévalence la plus élevée de l’obésité (malnutrition pondérale) est observée dans la province de la la Bougouriba (19,2% dont 3,3% sous la forme sévère) et la plus faible dans celle du Boulkiemdé avec 7,7% dont 1,7% sous la forme sévère) selon l’Enquête nutritionnelle nationale 2023. Selon le résultat d’une étude publiée, dans la prestigieuse revue scientifique « The Lancet », l’obésité touche près de 16 % de la population mondiale, soit plus d’1 milliard de personnes. En 2022, 859 millions d’adultes étaient concernés et 179 millions d’enfants.

L’obésité et le surpoids sont des problèmes de santé majeurs qui touchent de nombreuses personnes à travers le monde.  Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le surpoids et l’obésité sont définis comme « une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui représente un risque pour la santé ».  L’obésité d’une personne peut se définir en fonction de son indice de masse corporelle (IMC) en divisant son poids (exprimé en kg) par sa taille au carré. 

Causes et facteurs de risques de l’obésité

Les origines de l’obésité sont multiples et les facteurs impliqués dans son développement et son installation ne sont pas tous identifiés.  Les changements alimentaires et une sédentarité accrue jouent un rôle incontestable dans l’émergence récente de l’obésité. L’augmentation de la taille des portions, la plus grande densité énergétique, l’alimentation industrielle en excès, la disponibilité de l’alimentation, et l’évolution des prix alimentaires sont des éléments qui favorisent les consommations caloriques excessive. La sédentarité et les loisirs tels que la télévision ou les jeux vidéo, l’utilisation de la voiture et des transports en commun dans les déplacements du quotidien induisent quant à eux une diminution de l’activité physique et des dépenses énergétiques.  Mais ces facteurs influençant le bilan d’énergie, et donc le statut nutritionnel, ne suffisent pas à expliquer l’augmentation de la fréquence de l’obésité, ni « l’inégalité » des individus vis-à-vis de la prise de poids : certaines personnes prennent en effet plus de poids que d’autres, alors qu’elles ont les mêmes modes de vie.  Une prédisposition génétique à la prise de poids peut rendre compte de ces différences de susceptibilité individuelle à l’obésité. Un individu a deux à huit fois plus de chances d’être obèse si des membres de sa famille le sont eux même. A noter que si chaque gène pris individuellement n’exerce qu’un faible rôle sur la masse et la composition corporelle, la contribution de ces gènes devient significative lorsqu’ils interagissent avec des facteurs externes tels que le déséquilibre énergétique. Il existe par ailleurs des obésités monogéniques liées à une anomalie sur un gène unique comme c’est le cas dans des formes d’obésité rare de l’enfant, très précoces et très sévères. Le rôle de l’environnement, au-delà de l’alimentation et de l’activité physique, semble largement aussi important. L’horloge biologique est montrée du doigt. Elle régule sur environ 24 heures les différentes fonctions de l’organisme et le métabolisme. L’insuffisance de sommeil, l’irrégularité des repas ou encore le travail nocturne perturbent cette horloge et augmentent le risque de surpoids. Mais le stress, certains médicaments, des virus, la composition du microbiote intestinal, l’exposition à des polluants sont vraisemblablement aussi des facteurs à incriminer. Des expositions et des événements précoces au cours de la vie ont aussi leur importance, y compris ceux qui surviennent avant la naissance, voire avant la gestation. Six facteurs de risque prénatal de l’obésité tels que le tabagisme maternel, le diabète ou surpoids maternel, la prise de poids excessive pendant la grossesse, déficit ou excès de croissance du fœtus, le milieu socioéconomique défavorable ont été identifiés.

Les conséquences

L’obésité est une maladie chronique, facteur de risque majeur de pathologies tels que le diabète, l’insuffisance cardiaque, des problèmes articulaires. Chez la personne obèse, l’insuline n’agit plus correctement et l’utilisation du glucose par les cellules est perturbée (on parle d’insulinorésistance), provoquant une augmentation de la concentration de glucose dans le sang et une hyperglycémie. Le risque de contracter des maladies non transmissibles augmente avec l’IMC. On associe à l’obésité de l’enfant un risque accru d’obésité, de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte. Mais, en plus de ces risques pour l’avenir, les enfants obèses peuvent avoir des difficultés respiratoires, un risque accru de fractures, une hypertension artérielle, une apparition des premiers marqueurs de maladie cardiovasculaire, une résistance à l’insuline et des problèmes psychologiques.

Le traitement

Le traitement est pluridisciplinaire, et consiste en une prise en charge médicale associée à de la diététique et de l’activité physique adaptée ainsi qu’un suivi psychologique si besoin. Les comorbidités associées à l’obésité sont également prises en compte. Cette prise en charge médicale peut être associée à une prise en charge chirurgicale.

Prévention

Afin d’éviter la prise excessive de poids, il faut adopter une alimentation équilibrée et variée, répartie en 3 repas sur la journée, et adaptée aux besoins physiologiques. La pratique régulière d’une activité physique est également très importante. Pour prévenir le surpoids et l’obésité, il est recommandé de suivre l’indice de masse corporelle (ou IMC) des enfants dès leur plus jeune âge en plus du poids et de la taille. Cela est fait lors des consultations de suivi de l’enfant. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, tout au long de la vie, permettent également d’écarter le risque d’apparition d’un excès de poids à l’âge adulte.

Source : Organisation Mondiale de la Santé (journée mondiale, Elsan)

Wendaabo Catherine Kouraogo

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