Nutrition : les Directions régionales de l’Education des Hauts-Bassins et du Centre-Nord souhaitent avoir des cantines scolaires de qualité, de quantité et qui parvienne à temps où la santé des élèves sera assurée

Dans le cadre de sa sortie de presse du 8 au 17 juillet 2024, le Club des Journalistes et Communicateurs pour la Nutrition et la Sécurité Alimentaire (CJCN-SA) a échangé avec les Directions régionales de l’Education préscolaire, Primaire et non formelle (DREPPNF) des Hauts-Bassins et du Centre-Nord sur la fortification des aliments à grande échelle à savoir l’huile végétale raffinée en vitamine A, le sel en iode et la farine de blé tendre en fer/acide folique.  

Après Gaoua, c’est la région des Hauts-Bassins qui a accueilli les caravaniers du 10 au 13 juillet. Il était question pour eux dans cette localité, de toucher du doigt les réalités sur la nutrition des élèves.  A en croire Soulama Nanganibie, gestionnaire régional des cantines scolaires à la DREPPNF des Hauts-Bassins, la cantine endogène et la cantine classique sont utilisées pour l’alimentation des élèves.  « La cantine endogène est le fait d’utiliser les vivres produits localement pour en faire des rations au niveau des écoles », a-t-il définit avant de poursuivre que ce sont les parents d’élèves qui décident de commun accord des aliments à cotiser.  En termes de résultats, il a laissé entendre qu’elle a impacté positivement le rendement scolaire des élèves. 

Soulama Nanganibie, gestionnaire régional des cantines scolaires à la DREPPNF des Hauts-Bassins

La cantine classique est l’apport de l’Etat en vivres constitué généralement de l’huile et du haricot dans les écoles primaires. Pour le préscolaire, ce sont le lait, le sucre, la farine de petit mil, la sardine et bien d’autres aliments qui sont envoyés.  Également, des partenaires apportent leur contribution dans cette cantine. « Cette année, par exemple, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a doté les écoles en riz, huile et haricot », a-t-il déclaré.

Du poisson sec pour fortifier les aliments

A l’écouter, la fortification des aliments est tributaire des moyens des écoles. « Si les frais de scolarité rentrent correctement, ils vont pouvoir acheter d’autres choses pour assaisonner », a-t-il indiqué.

Evariste P. Yehoun, chef du service de l’enseignement primaire à la DREPPNF des Hauts-Bassins

Evariste P. Yehoun, chef du service de l’enseignement primaire à la DREPPNF des Hauts-Bassins a en outre signalé qu’elle se fait aussi à travers les produits des jardins scolaires.  Également les parents d’élèves, certains partenaires et ONG apportent souvent les poissons secs pour fortifier les aliments des enfants. Nombreux sont les défis auxquels, ils font face. Au nombre de celles-ci figurent le refus de certains parents de contribuer à la cantine endogène. Pour pallier ce problème, la direction travaille à ce que les parents d’élèves s’impliquent davantage de même que les enseignants. A cela s’ajoute le retard des vivre sur le terrain de la cantine classique.

« Il arrive souvent que les vivres arrivent en mars, avril alors que les cours ont commencé depuis octobre. Donc il faut instaurer la cantine endogène pour permettre aux enfants de s’alimenter en attendant », a-t-il martelé. Pour terminer, ils ont souhaité avoir dans la région une cantine qui est en droite ligne avec les produits locaux et qui dure toute l’année scolaire avec des menus variés et enrichis.

Kissouidssida Lallogo, point focal régional de la cantine scolaire

A Kaya dans la région du Centre-Nord, Kissouidssida Lallogo, régisseur d’avances/budget général et point focal régional de la cantine scolaire, indique que la région compte 823 écoles fonctionnelles. Pour l’année scolaire 2023-2024, les effectifs des élèves qui ont bénéficié de la cantine scolaire s’élèvent autour de 93 387 (garçons) et 94 271 (filles), soit un total de 187 658 élèves. La région compte également 79 jardins scolaires et 101 champs scolaires fonctionnels compte tenu de l’insécurité. Il a laissé entendre que 626 écoles disposent des forages fonctionnels et 162 établissements en disposent, mais non fonctionnel. « En termes de spéculation des produits dans les jardins scolaires, nous avons des oignons, la salade, des tomates, des courgettes, des aubergines, des choux et des haricots verts que les enfants mettent en place », a-t-il informé.

Selon lui, le PAM, CRS, les APE, les AME et le plan Salmatenga accompagnent la cantine et les jardins scolaire. Les deux partenaires clés, à savoir CRS et le PAM interviennent respectivement dans le domaine de la cantine de développement et celle d’urgence.

93.221 élèves déplacés internes dans la région

Selon le Rapport statistique ESU du 31 mai 2024, la région enregistre 47506 élèves déplacés internes garçons et 45715 filles soit un total de 93221. A ce niveau, le point focal régional de la cantine scolaire a révélé qu’il y a un recensement qui est fait chaque année au niveau des écoles pour le transfert des vivres. « Alors il y a les vivres de communes fermées qu’on dépose à la direction régionale ici. Et quand on fait ces points, on les oriente dans les écoles où il y a ces EDI », a-t-il ajouté.

Issaka Ouédraogo, représentant du DR

Pour Issaka Ouédraogo, Chef de service de gestion des ressources financières et matériel de la DREPPNF du Centre-Nord, représentant le DR, la cantine scolaire contribue au maintien de nombreux enfants à l’école. Quant à la fortification des aliments, il a porté à la connaissance des hommes et femmes de média que le PAM apporte des micronutriments dénommés Micronutriments multiples en poudre (MNP) pour mélanger avec la nourriture des enfants. Aussi l’ONG CRS fournit des micronutriments et des déparasitants.

Visite d’une salle de stockage des vivres scolaires à Kaya

Quant aux difficultés auxquelles ils font face, le représentant du DR a relevé les doublons dans le transfert des vivres. A l’entendre, pour résoudre ce problème, ils ont procédé à la relocalisation des vivres dans les établissements qui n’en avaient pas reçu. En sus, on a les retards des vivres de l’État et le ravitaillement de certaines zones à cause de l’insécurité. Selon ses dires, il rêve d’une cantine scolaire de qualité où la santé des élèves sera assurée, de quantité et qui parvienne à temps.

A noter que pour l’année scolaire 2024-2025 la région du Centre-Nord a déjà reçu 245 tonnes de riz, 7500 bidons de 20 litres d’huile, 25 tonnes d’attiéké enrichi et des tables blancs.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *