Lutte contre le paludisme : IES-FEMMES plaide pour l’accompagnement du secteur privé pour venir à bout de cette maladie

L’Association pour l’Intégration économique et sociale des femmes dans le développement (IES-FEMMES) a organisé un atelier de plaidoyer en faveur de l’élimination du paludisme dans le district sanitaire de Bogodogo, le mercredi 31 juillet 2024, à Ouagadougou.

Au Burkina Faso, en dépit des progrès enregistrés, le paludisme demeure un problème de santé publique. Selon les données statistiques du système national d’information sanitaire, le paludisme demeure le premier motif de consultation (42,2%), d’hospitalisation (50,75%) et de décès (13,9%) dans les formations sanitaires. Ainsi le pays a enregistré en 2022, 11 656 675 cas de paludisme avec malheureusement 4 243. La maladie sévit tout au long de l’année, avec une recrudescence pendant la saison des pluies, affectant particulièrement les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

La région du Centre, à l’instar du reste du pays, est également fortement touchée. Selon l’annuaire statistique 2022, les formations sanitaires de base de la région ont rapporté 1 400 565 cas de paludisme, dont 451 décès. Plus spécifiquement, le district sanitaire de Bogodogo a enregistré 403 519 cas de paludisme simple, et 32 850 cas de paludisme grave en 2023. Face à ce fléau, il est crucial de soutenir les efforts du gouvernement pour l’élimination du paludisme par des actions concertées. C’est dans ce sens que des organisations de la société civile, telles que IES-FEMMES, avec l’appui technique et financier de Speak Up Africa et l’appui technique du SP/Palu, s’engagent à travers des initiatives de mobilisation sociale, de sensibilisation et de plaidoyer.

Sévérine Nébié, présidente de IES-FEMMES

« Ces chiffres sont plus que des statistiques ; ce sont des vies humaines, des familles brisées, et des communautés endeuillées. (…). Aujourd’hui, nous avons l’opportunité de rendre possible l’impossible en unissant nos forces et nos ressources », a fait savoir la présidente de IES-FEMMES, Sévérine Nébié.

L’objectif de cet atelier de plaidoyer est de mobiliser des ressources financières ou matérielles auprès des chefs d’entreprises, des sociétés et autres donateurs pour soutenir les activités en faveur de l’élimination du paludisme dans le district sanitaire de Bogodogo. « Nous intervenons dans le district de Bogodogo depuis plus de 17 ans. C’est le district que nous connaissons le mieux. Nous aurions voulu intervenir au niveau national, mais les ressources étant limitées, nous avons choisi le district de Bogodogo pour un début. Nous invitons les autres acteurs aussi à emboiter les pas dans tous les districts ou dans tout le pays », a-t-elle justifié.

Cette rencontre s’inscrit donc dans une dynamique de renforcement des efforts locaux en impliquant activement le secteur privé dans la lutte contre cette maladie dévastatrice. L’implication des entreprises, des sociétés et autres donateurs est essentielle non seulement pour combler les lacunes financières et matérielles, mais aussi pour encourager une responsabilité sociale accrue dans la communauté. « Nous attendons du secteur privé, l’appui financier, le matériel, la logistique. Quel que ce soit leur appui pour nous accompagner dans cette lutte », a indiqué Mme Nébié.

Boukari Sawadogo, Secrétaire général de la province du Kadiogo

Pour le Secrétaire général de la province du Kadiogo, Boukari Sawadogo, face à cette situation alarmante, il est crucial de redoubler d’effort afin d’éliminer cette maladie dévastatrice. C’est pourquoi il accueille cette rencontre de plaidoyer avec beaucoup d’optimisme en cette période de saison hivernale où les Burkinabè souffrent plus du paludisme dû à l’augmentation du nombre de moustiques à cause des eaux usées et le manque d’assainissement autour de soi. « L’accompagnement au niveau des autorités, c’est de sensibiliser la population pour accompagner l’association. (…). Chaque Burkinabè doit être un vecteur de sensibilisation afin que nous puissions couper la chaîne de production des moustiques et arrêter, au même moment, les infections dues au paludisme », a-t-il expliqué.

Dr Jean Gabriel Pagbelguem, médecin de santé publique, médecin-chef du district sanitaire de Bogodogo

Selon le Dr Jean Gabriel Pagbelguem, médecin de santé publique, médecin-chef du district sanitaire de Bogodogo, les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes sont les plus vulnérables face au paludisme. Il a en outre laissé entendre que des mesures sont prises au sein du district pour combattre le paludisme.  « Nous venons de finir un premier passage de traitement préventif du palu des enfants de 3 à 59 mois et il reste 3 autres passages.  Mais il y a la lutte anti larvaire et la sensibilisation que nous menons également avec la pulvérisation dans les ménages et dans les formations sanitaires, y compris la sensibilisation pour l’utilisation des moustiquaires et l’assainissement. Dans cette initiative, nous sommes accompagnés par IES FEMME », a-t-il informé.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO

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