Lutte contre la malnutrition : des experts en conclave pour sortir la situation nutritionnelle au Burkina grâce à l’outil IPC AMN

L’IPC MNA est un outil d’analyse qui réalise une classification spatiale basée sur la prévalence de la malnutrition aiguë globale actuelle et projetée chez les enfants 6-59 mois d’âge sur une échelle donnée. Pour analyser la malnutrition aiguë à partir de l’outil IPC, plus d’une soixantaine d’experts pluridisciplinaires venus des différents départements ministériels engagés dans la multisectorialité pour la nutrition et des directions techniques centrales et déconcentrées du ministère de la Santé, sont réunis à Manga depuis le 22 et ce, jusqu’au 28 octobre 2023.

L’Enquête Nutritionnelle Nationale (ENN) qui est à sa 15e édition est devenue au fil du temps un outil de surveillance. Cependant elle ne permet pas d’avoir les causes mais plutôt une photographie de la situation de l’état nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans au Burkina Faso.

C’est ce qui justifie la nécessité d’une meilleure connaissance des causes probables de la malnutrition aiguë afin que les interventions appropriées soient conçues et exécutées pour réduire ces taux. C’est alors, que les acteurs au niveau mondial qui travaillent sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle à travers le Global Support Unit (GSU) a développé un outil appelé IPC Malnutrition Aiguë (IPC AMN) sous le leadership technique de plusieurs agences constituées en groupe de travail de la nutrition (NWG). Cet outil a donc pour vocation de compléter l’analyse de l’insécurité alimentaire aiguë avec le Cadre Harmonisé en identifiant des facteurs non alimentaires qui peuvent contribuer à la malnutrition aiguë.

Il s’agira pour ces acteurs de classifier les niveaux actuels et projetés de la malnutrition aiguë ; d’identifier les facteurs contributifs clés à la malnutrition aiguë, avec un accent particulier sur les régions avec les niveaux extrêmement critiques de malnutrition aiguë et/ou insécurité alimentaire aiguë ; de présenter des objectifs de réponses prioritaires pour les zones classifiées ou phasées et d’informer les décideurs des résultats des analyses pour prises de décisions.

Représentant le Directeur général de la Santé et de l’Hygiène publique, Boureima Dissan Gnoumou a indiqué qu’au terme de cet atelier, « nous allons sortir la situation en fonction de l’analyse qui a été faite l’année dernière ». « Bien que les techniciens vont utiliser lesdits résultats, ils seront aussi communiqués aux décideurs pour faire une bonne planification dans la lutte contre la malnutrition qui est un réel problème de développement au Burkina Faso », a soutenu le nutritionniste.

Boureima Dissan Gnoumou, Représentant le Directeur général de la Santé et de l’Hygiène publique

l’IPC étant un outil de planification et de plaidoyer selon Dr Estelle Bambara, Directrice nationale de la nutrition, les résultats de cette analyse permettront de planifier les interventions de prévention et de prise en charge de la malnutrition aigüe. Même son de cloche chez Williams Mansoud, porte-parole des partenaires pour qui, cette activité est nécessaire pour la planification des interventions de prévention et de prise en charge de la malnutrition aigüe. Il souligne d’ailleurs que c’est une activité que l’ensemble des partenaires à travers le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) coordonne depuis 2018.

Dr Estelle Bambara, Directrice nationale de la nutrition

En rappel, c’est depuis 2018 que cet exercice sera conjointement organisé par IPC GSU, la Task Force nutrition du Cadre Harmonisé en collaboration étroite avec la Direction de la nutrition avec l’appui financier du PAM et de l’UNICEF.

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