Santé sexuelle : l’ABEFAB plaide pour l’élimination des violences gynécologiques et obstétricales

L’Association Action communautaire pour le Bien-être de l’Enfant et de la Femme du Burkina (ABEFAB) poursuit son combat contre les violences gynécologiques et obstétricales à travers son projet « Justice et dignité pour les femmes face aux violences gynécologiques et obstétricales » en partenariat avec Feminist Opportunities Now (FON). Ce jeudi 21 mars 2024, elle a réuni des leaders coutumiers, religieux et politiques, les membres de délégation spéciale, les responsables de services sanitaires publics et privés et les membres de comités de gestion des centres de santé pour un plaidoyer.

Marceline Soala/Tou, présidente de l’ABEFAB

Selon l’ABEFAB, les violences gynécologiques et obstétricales ont longtemps été ignorées par les gouvernements et la communauté. Pourtant elles demeurent un défi sanitaire en Afrique et au Burkina Faso en particulier. « Lorsqu’une femme a été soumise à de mauvais traitements lors d’un accouchement dans une formation sanitaire, elle accouche le plus souvent à domicile pour son prochain accouchement. De la même façon, les femmes savent que certaines positions telles que la position allongée gynécologique leurs sont imposées dans les centres de santé et c’est une des raisons pour lesquelles elles préfèrent accoucher à domicile », soutien Marceline Soala/Tou, présidente de l’ABEFAB. « Chaque fois ce sont les agents de santé qui sont accusés. Nous ne comprenons pas pourquoi cet état de fait », ajoute Mme Tou. D’où l’objet de ce cadre d’échanges pour trouver des solutions. Cette session de formation et de plaidoyer vise donc à contribuer à l’élimination des violences gynécologiques et obstétricales.

En tant que structure communautaire, l’ABEFAB, « Une dynamique communautaire au service des vulnérables », entend ainsi former, sensibiliser et éduquer les communautés pour une prise de conscience. Les 40 femmes leaders formées au préalable seront responsabilisées pour la sensibilisation dans leurs différentes communautés.

Quelques agents de santé présents à la rencontre

Les agents de santé présents à cette rencontre estiment que malgré leur droit à la santé, certaines femmes sont renfermées sur elles-mêmes lors des consultations. « Même quand vous remplissez le registre et que vous lui posez des questions, elles ne répondent pas. Pourtant on ne peut pas prendre quelqu’un en charge si on n’a pas certaines informations sur son état de santé », fait remarquer l’une d’entre elles qui invitent ces femmes à coopérer.

Toutefois, les agents de santé reconnaissent qu’il y a beaucoup de déficits dans les formations sanitaires, liés notamment à l’insuffisance de personnel qualifié d’où la charge supplémentaire de trav ail qui met la pression sur les agents de santé. Il y a également le matériel médicotechnique qui est soit insuffisant ou défaillant ainsi que l’environnement de soin. Une occasion pour elles de rappeler la pyramide sanitaire qui consiste à se rendre dans un CSPS pour les accouchements non compliqués

Plusieurs autres actions sont en cours notamment le plaidoyer à l’endroit du chef de l’Etat pour la dotation des formations sanitaires en plateau technique conséquent.

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